Comment jouer au poker Texas Hold'em
Les règles du Texas Hold’em
Le Texas Hold’em a beau être la variante la plus spectaculaire et la plus stratégique du poker, il n’en respecte pas moins les deux composantes habituelles de cette famille de jeux : les combinaisons et les enchères.
Mais sa particularité est que chaque joueur ne reçoit que 2 cartes cachées qui lui sont personnelles. En complément, 5 cartes visibles (le tableau) sont distribuées au centre de la table, communes à tous les joueurs pour obtenir des combinaisons. Des enchères ont lieu avant les 3 phases où apparaissent ces cartes, et à la fin du coup. Par rapport au poker classique, où seulement 5 cartes cachées sont distribuées à chaque joueur, les cartes visibles autorisent une véritable réflexion stratégique. Elles offrent en outre, pour le spectacle, des confrontations très incertaines de combinaisons. Enfin, la multiplicité des tours d’enchères (4 contre 2 au poker classique) apporte des coups beaucoup plus riches et variés. Mais avant de passer à ces mécanismes spécifiques, il faut connaître les règles immuables de tout poker, qui s’appliquent aussi au Texas Hold’em…
Les combinaisons et mains au poker
On utilise un seul jeu de 52 cartes à jouer, classique, comprenant les 4 couleurs habituelles (pique-coeur-carreau-trèfle) en familles de 13 cartes chacune, du Deux à l’As. Les jokers sont retirés du jeu, comme dans tout poker sérieux ! La hiérarchie des cartes est Deux-Trois-Quatre-Cinq-Six-Sept-Huit-Neuf-Dix-Valet-Dame-Roi-As, le Deux étant la carte la plus faible, l’As la plus forte. Il n’y a pas de différence de valeur entre les couleurs (contrairement par exemple au bridge) : elles sont toutes égales, un Roi de trèfle vaut exactement autant qu’un Roi de pique, de coeur ou de carreau. Les combinaisons sont toujours réalisées sur une main de 5 cartes. Les voici, de la plus faible à la plus forte :
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Carte Haute ( High card ) : Pas de « vraie » combinaison, pas même une paire ! Le joueur qui détient la première plus forte cartes isolée l’emporte. Ainsi, un joueur qui détient As-Roi-Dix gagne contre un joueur qui possède As-Roi-Huit. |
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La paire ( One pair ) : Ce sont deux cartes de même hauteur, Q-Q, Neuf-Neuf, etc. La paire la plus haute l’emporte sur la plus basse en cas de combinaisons semblables. |
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La Double paire ( Two pair ) : Deux paires distinctes dans les 5 cartes. C’est toujours la paire la plus haute qui l’emporte en cas de combinaisons semblables. Ainsi, un joueur avec As-As et Trois-Trois (on dit qu’il a « 2 paires à l’As ») gagne sur un adversaire avec Q-Q et 2-2 (il n’ a que « 2 paires à la Dame »). |
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Le brelan ( 3 of a kind ) : Trois cartes de même hauteur. Le brelan le plus haut l’emporte en cas de combinaisons semblables. Dans notre exemple, on dit « un brelan de Dames ». |
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La suite ( Quinte ou Straight ) : Les 5 cartes sont de hauteurs qui se suivent directement. Par exemple, Huit-Neuf-Dix-Valet-Dame. En cas d’égalité des combinaisons, c’est la suite qui monte le plus haut qui l’emporte : ainsi Dix-Valet-Dame-Roi-As gagne face à Huit-Neuf-Dix-Valet-Dame. On dit que la première suite est une suite « à l’As », et la seconde « à la Dame ». Attention : uniquement dans le cas des suites, l’As peut aussi être considéré comme un « Un ». Donc, As-Deux-Trois-Quatre-Cinq est bel et bien une suite valable. Cependant, une suite ne peut jamais être « à cheval » sur les deux hauteurs de l’As : par exemple, Roi-As-Deux-Trois-Quatre n’est pas une suite, ce n’est rien du tout ! |
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La couleur ( Flush ) : Les 5 cartes sont de la même couleur, pique, coeur, carreau, ou trèfle. Si deux joueurs ont une couleur, on ne tient aucun compte des couleurs en présence. Seul la ou les cartes les plus hautes départagent les deux mains. Ainsi, Deux-Cinq-Neuf-Valet-Roi (de trèfle, par exemple) l’emporte sur Trois-Quatre-Sept-Dix-Roi (de carreau, par exemple). |
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Le full ( Full house ) : Les 5 cartes comportent un brelan plus une paire. En cas de combinaisons semblables, on considère d’abord la hauteur du brelan avant celle de la paire pour savoir qui l’emporte. Ainsi, un full Roi-Roi-Roi-Six-Six (on dit « un full de Rois par les Six ») l’emporte sur un full Dame-Dame-Dame-Valet-Valet (on dit « un full de Dames par les Valets »). |
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Le carré ( 4 of a kind ) : Ce sont 4 cartes de même hauteur. En cas de combinaisons semblables, le carré le plus haut l’emporte. On dit « un carré d’As ». |
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La suite couleur ( Straight flush ) : Une suite couleur est une main de 5 carte qui se suivent et qui sont de meme couleur. Si deux joueurs ont une suite couleur, le gagnant est celui qui possede la suite la plus élevé. |
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La suite royal a couleur ( Royal flush ) : La plus forte main au poker. Elle est composée de l'As, du Roi, de la Dame, du Valet et du 10 de la meme couleur. Cette main est imbattable puisqu'il n'y a rien au dessus. |
Et au Hold’em ?
Les combinaisons du Hold’em sont exactement les mêmes, dans le même ordre de valeur, et elle se calculent toujours sur une main de 5 cartes. Mais elles sont formées à partir de 7 cartes, les 2 cartes privées et cachées du joueur + les 5 cartes communes et visibles du tableau. On sélectionne alors pour chaque joueur les 5 « meilleures » cartes de l’ensemble, celles qui lui offrent la combinaison la plus forte.
Il y a donc assez souvent des égalités de combinaisons. Certaines sont impossibles au poker classique, sauf dans les pires saloons du Far West : si deux joueurs ont deux brelans de même hauteur, c’est qu’il y a 6 cartes semblables dans le jeu, par exemple 6 As ! Ce genre d’égalité se règle à coups de colts… En revanche, au Hold’em, attendez avant de dégainer, c’est normal : si 2 As sont présents dans le tableau, et que deux joueurs ont chacun 1 As dans leur main privée, ils ont tous les deux un brelan d’As. Et il n’y a pas plus de 4 As dans le jeu !
Ce sont alors les cartes d’accompagnement des combinaisons qui vont départager les deux joueurs. D’où l’importance du fameux « kicker » : la carte d’accompagnement privée du joueur, qui peut faire la différence. Disons qu’un de nos joueurs a dans sa main privée une Dame (kicker) avec son As, et l’autre un Six. Leurs brelans d’As sont toujours égaux, mais le kicker-Dame l’emporte sur le kicker-Six, et c’est le premier joueur qui gagne.
Les enchères et les mises
Au poker, les joueurs disposent au début de la partie d’une somme égale de jetons, qui s’appelle leur « cave ». C’est avec ces jetons qu’ils vont enchérir… et essayer de s’emparer des jetons de leurs adversaires !
Enchérir, c’est annoncer et placer une mise pour continuer à jouer, ou bien ne pas miser et abandonner le coup. Chaque joueur doit enchérir successivement, à son tour, dans le sens du jeu, qui est toujours celui des aiguilles d’une montre. Il a le choix entre :
Passer (ou se coucher) : il abandonne, il quitte le coup. Il ne mise pas et repousse ses cartes vers le centre de la table, sans les montrer. Les mises qu’il a déjà placées au pot sont perdues pour lui (mais pas pour tout le monde). Anglais : fold.
Suivre : le joueur mise pour rester dans le coup. Sa mise doit le ramener à égalité de valeur avec la plus haute mise alors placée dans la série d’enchères. Anglais : call.
Relancer : le joueur mise pour rester dans le coup, mais en augmentant la valeur de la plus haute mise alors placée. Les autres joueurs devront maintenant suivre en revenant à égalité de sa mise s’ils veulent rester dans le jeu. Anglais : raise.
Parole : le joueur ne mise rien mais reste dans le coup. Cette annonce n’est possible que si aucune mise n’a été précédemment placée dans le tour d’enchères actuel. Anglais : check.
Une série d’enchères s’arrête quand tous les joueurs ont soit abandonné, soit apporté une mise égale, ou s’il n’y a plus qu’un joueur en jeu. S’il le faut, on fait plusieurs tours de table d’enchères.
Les mises
On convient toujours d’un montant minimum de mise, par exemple 10, 1 jeton. On peut si on veut, limiter la mise maximale (par exemple à 40, 4 jetons), ou bien la laisser libre : le joueur pourra alors miser d’un seul coup tout son tas de jetons, son « stack », c’est-à-dire « faire tapis ».
Au fur et à mesure du coup, les mises vont dans ce qu’on appelle le « pot ». C’est le dernier joueur à ne pas avoir abandonné qui gagne le pot, ou, s’il reste plusieurs joueurs à la fin du coup, celui qui détient la combinaison la plus forte.
Et au Hold’em ?
Les enchères, les mises, le pot, tout fonctionne exactement de la même façon. Cependant, l’ordre des enchères suit un cérémonial précis. Et, avant le début du coup, deux des joueurs sont obligés de poser des mises, dites « blinds », avant même la distribution des cartes. Ce ne sont pas des enchères, ces mises d’ouverture étant obligatoires ! En fait, elles évitent que certains joueurs trop prudents et attentistes ne bloquent le jeu en ne participant jamais. Elles servent en même temps de base aux futures enchères du coup.
Les spécificités du Hold’em
Le donneur ou « bouton »
Un des joueurs est le « donneur » ou « bouton ». Il place devant lui un jeton spécial qui l’indique. S’il y a un donneur extérieur, comme dans un casino ou un tournoi par exemple, cette appellation de donneur est fictive : elle sert juste à organiser l’ordre des enchères (voir plus bas). Mais sans donneur extérieur au jeu, comme c’est souvent le cas entre amis, le bouton doit réellement distribuer les cartes et gérer le pot. Quoi qu’il en soit, le bouton change à chaque coup : il passe au joueur suivant dans le sens du jeu.
Les blinds
Les deux joueurs qui suivent le bouton dans le sens du jeu doivent placer des mises initiales d’un montant convenu, appelées « blinds », dès le début du coup. Ce sont bel et bien des mises « aveugles », puisqu’ils les jouent avant même d’avoir vu la moindre carte !
Le premier joueur après le donneur doit placer la « small blind », parfois appelée « blind » ou « petite blind ». Le deuxième joueur après le donneur doit placer, lui, la « big blind », aussi appelée « surblind » ou « grosse blind ».
Ces mises sont à montant fixe, convenu avant la partie. La big blind vaut généralement le double de la small blind.
Cartes privées et tableau
Le donneur bat les cartes, les fait couper, et distribue à tous les joueurs 2 cartes, face cachée. Chaque joueur reste seul à les connaître, ce sont ses cartes privées, sa main de départ.
Après une première série d’enchères, dites « pré-flop », les 3 premières cartes du tableau, le « flop », sont distribuées face visible au centre de la table par le donneur (rappelons que les cartes du tableau sont communes à tous les joueurs). On effectue une deuxième série d’enchères. Le donneur ajoute au tableau 1 carte, toujours visible, le « turn ». On effectue une troisième série d’enchères. Le donneur ajoute au tableau 1 dernière carte, toujours visible, la « river ». On termine le coup par un dernier tour d’enchères. Évidemment, si tous les joueurs sauf un ont abandonné lors d’une des séries d’enchères, le coup s’arrête là !
L’ordre des enchères
Chaque joueur enchérit après l’autre dans le sens du jeu. Bon, mais qui commence ? Et qui finit ? C’est la position du bouton qui en décide.
À la première phase d’enchères pré-flop, c’est-à-dire juste après la distribution des 2 cartes privées, c’est toujours le joueur juste après le big blindeur qui parle en premier. C’est donc toujours le big blindeur qui parle en dernier – un avantage pour compenser sa « grosse mise aveugle »…
Aux phases d’enchères suivantes, c’est toujours le premier joueur après le donneur qui parle en premier. Et c’est donc toujours le donneur qui parle en dernier.
Évidemment, il ne faut considérer que les joueurs qui restent dans le coup. Ceux qui ont déjà abandonné n’ont plus la parole ! Qui gagne ?
Le coup peut se terminer sans que le tableau soit complet s’il ne reste qu’un seul joueur, tous les autres ayant abandonné : dans ce cas, ce joueur a tout de suite gagné, sans même devoir montrer ses cartes privées, sans qu’on voie la suite du tableau, et il remporte le pot.
Le coup peut aussi aller jusqu’au bout, c’est-à-dire jusqu’aux enchères après la river. Quand plusieurs joueurs restent alors présents à égalité de mises, il faut déterminer qui a la combinaison la plus forte. C’est l’abattage (ou « showdown ») : chacun des joueurs encore en jeu montre les 2 cartes de sa main. Le joueur qui détient la combinaison la plus forte en agençant au mieux ses cartes privées avec les cartes communes est le gagnant et remporte le pot. Notez qu’il peut y avoir parfois égalité et donc partage du pot. Quoi qu’il en soit, le coup est fini. Et on en commence un nouveau !
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